LE JOURNAL DE BORD DU TRACK-TOUR 2006 par Nico
Vendredi 14 juillet Membrey « Nous avons pris la tangente… » C’est à Membrey que s’ouvre officiellement le Track-tour 2006. Après une bonne heure et demi de route sous un soleil de plomb, nous jetons l’ancre et entreprenons pour la première fois l’installation complète de notre système scène/son/lumière. Bibi notre nouvel ami de toujours se charge des derniers peaufinements et autres cloutages de la structure bois qui se tient au dessus de la scène. Il nous faudra tout le reste de l’après-midi pour monter la scène dans son ensemble, faire la balance et être prêts pour le concert d’ouverture. Il est presque 21 h quand nous commençons le concert. Tout se passe relativement bien, jusqu’à ce qu’ une éventration de ma basse m’oblige a terminer le set à la bouche, puis la guitare (improvisation à la guitare d’un morceau que je dois jouer initialement à la basse) et finalement pas du tout. Une hasardeuse opération à cœur ouvert par un très sympathique professeur de techno assisté d’ un de mes anciens élèves permet de reprendre par la suite les quelques morceaux que nous n’avons pu jouer. On note également une seconde partie de soirée surprenante et très staracadémicienne avec des enfants qui prennent la scène d’assaut, s’emparent des micros pour entonner leurs chansons favorites. Le cactus nous accueille dignement en nous offrant 2 repas et une dégustation de mescal en fin de soirée. Chouette ambiance pour une première soirée. Une fois la scène démontée, le matériel remballé et chargé dans le camion, direction Roche et Reaucourt.
Samedi 15 juillet Roche et Raucourt Réveil très ensoleillé dans la cour d’école de Roche. Nous rejoignons Dampierre-Sur-Salon pour y faire quelques courses de survie et s’offrir quelques croissants. Nous faisons halte dans un troquet quelques minutes où je prends un jus d’orange bien frais. Malheureusement celui–ci n’est pas aussi froid que l’accueil de sa tôlière et nous regrettons vite notre choix « du troquet sur la place près de la poste » qui sans prévenir s’empare de ma chaise et la tire, de peur que je n’écrasasses ses rosasses. A notre retour à Roche, un excellent barbec nous attends chez nos hôtes du jour, nos amis Vincent, Christelle et le petit Léo. Ensuite, Il faut remonter la scène. D’abord vider la remorque du tracteur, installer les structures latérales en bois, y fixer la barre puis la toile qui vient recouvrir une partie du toit de la scène. Il faut ensuite installer les deux mini-scènes qui viennent se poser devant la remorque, puis vider le camion. Installer la sono, les instruments, l’électricité, la lumière et finalement faire la balance pour que le son soit ok pour le concert, qui démarrera à 19 h 30 si mes souvenirs sont bons…. Après un peu de merchandising et quelques échanges avec notre public nous rejoignons la salle des fêtes pour un repas vraisemblablement coutumier et fort convivial. Nous sommes accueillis sous les applaudissements chaleureux (waouh, c’est comme si on était des stars !) des convives déjà présents. Nous allons ensuite voir un feu d’artifice spécialement décalé ce jour pour correspondre avec notre venue. Après une légère altercation avec un jeune con déguisé en G.I. Joe qui se prend pour ce qu’il n’est pas (un représentant d’élite), nous rejoignons le banquet et finissons un peu cuits. Discussions ensuite à la fraîcheur bienvenue de l’air nocturne de Roche avec un gamin sympathique à la logorrhée intarissable et un allemand de taille adulte qui ne veut décidément pas chanter. Quelques imitations plus tard (improvisées par Fab et moi-même), nous rejoignons notre campement (toujours la cour de l’école primaire). Dernière nuit à Roche, départ demain matin, dommage, avec un accueil pareil, on serait bien resté quelques jours de plus...
Dimanche 16 juillet Autet Départ en tout début d’après–midi pour une arrivée caniculaire au bord de la plage d’Autet. Installation difficile vous l’imaginez, sous un soleil offensif et problèmes de glacières qui nous obligent à boire de la bière chaude… L’installation se termine et nous en profitons pour aller se jeter un peu dans la Saône . Nous avons l’agréable visite des Juja & Lula qui assurent ce soir-là la première partie de notre spectacle. Notre concert se déroule plutôt bien jusqu’à ce que Morgan « dans un élan de poésie mal contrôlé » ne bondisse sur sa scène qu’il plie en deux dans la foulée. Evitant de justesse une mort atroce coincé en sandwich entre les deux morceaux de scènes, nous devons, dès la fin de la chanson, retirer les caisses qui élèvent normalement sa scène pour la remettre au niveau du sol. Triste redescente pour notre guerillero guitarero qui ne se démonte pas et, malgré mes railleries depuis ma scène toujours perchée, assure comme une grosse bébête à même le sol. Ensuite l’ensemble de l’équipe présente sur cette date se retrouve pour un pique nique nocturne improvisé sur la scène. L’air du soir est toujours aussi agréable après une journée dans un four à micro-ondes. Le lendemain c’est pause, chacun vaque à ses occupations. Reprise du track-tour mardi !
à suivre...
Mardi 18 juillet - Ray-Sur-Saône. Concert en bord de Saône, nous nous baignons à volonté, la scène étant disposée à deux mètres de l’eau. Les Juja & Lula sont toujours de la partie et ouvrent le track-tour ce soir. C'est marrant, grâce à leur présence, le track-tour a muté en un mini-festival ambulant... Après un démontage maintenant devenu routinier, nous nous retrouvons chez Yvette, qui malgré l’heure tardive, nous prépare sa spécialité : poulet farci aux cèpes. Un vrai délice. D’ailleurs, si par hasard vous passez dans le coin, allez-y les yeux fermés, ou les narines ouvertes ! Malgré la très chaleureuse hospitalité de mon ex-collègue de travail, Marylise, qui nous propose un camping trois étoiles (avec courant, toilettes, lumière...), nous décidons de passer la nuit au bord de la Saône. Le sommeil tarde à venir et c’est au quasi levé du jour que l’on finit par s’endormir. La chaleur devient très rapidement étouffante et nous impose un réveil prématuré. Nous retrouvons Marylise qui nous offre un petit dèj grosse prod. C’est donc le ventre plein que nous la remercions et rejoignons les véhicules. Le groupe de rock ambulant devenu festival ambulant se dirige vers Savoyeux et son port. Vitesse de croisière : 15 km/h !!!
nbles ici : http://perso.orange.fr/alain.mey/ray-sur-saone/tt.html Merci à toi Alain !!
Mercredi 19 juillet - Port de Savoyeux « Il y a des mots de folie, des mots sans états d’âmes… »
Encore la chaleur, difficile après-midi brûlant pendant lequel la scène peine à se monter. Seul Charly semble disposer d’assez de niaque pour poursuivre le monatge coutumier. Heureusement l’arrivée de nos amis Eléazar nous redonne du cœur l’ouvrage. Le groupe assure la première partie sur cette date. Le public est présent mais timide, préférant nous écouter depuis la terrasse du bar. De leur côté, les touristes étrangers à l’aventure facile peuvent nous observer tranquillement depuis leurs embarcations sur la Saône. Un cadre fort singulier pour cette date qui se déroule très bien jusqu’ici, l’accueil est bon, une douche est à disposition (2€) et ceci jusqu’au démontage final. Malheureusement un manque de communication interne chez nos hôtes, pourtant forts sympathiques, nous oblige à agir rapidement afin de bénéficier du repas demandé et promis. La faim et la fatigue se fait nettement ressentir, des mots fusent, notre repas sera servi, mais le contact est brisé. C’est une ambiance bien funeste qui vient clôturer cette date. Heureusement demain c’est repos et chacun dispose de son temps comme il le souhaite, prochaine date, vendredi.
Vendredi 21 juillet à Savigny. Après une petite pause bienvenue, nous profitons d’un cadre fantastique pour ce concert. Un grand parc derrière une grande bâtisse qui faisait office de colonie de vacances. La chaleur est toujours étouffante, c’est sans doute pourquoi nous achetons des glaces à Fayl Billot et que j’ai particulièrement apprécié ce petit moment de dégustation rafraîchissante. Le concert commence vers 19 h 30 et les habitants du village se sont déplacés pour nous rendre visite. Même si la fatigue, la chaleur me font jouer pour ma part de manière très automatique, la soirée est ensuite copieusement arrosée dans une ambiance sympa. Un très bon souvenir, d’after notamment..
Samedi 22 juillet, Café du Lac à Villegusien « Et le beau temps dans tout ça, et le beau temps dans tout ça ? » Après une bonne heure de route, un petite halte amicale chez nos amies les Juja & Lula à Maatz, nous installons notre rock system ambulant devant le Café du lac à Villegusien. La canicule est toujours de la partie, mais la motivation nous permet d’arriver a nos fins de manière sporadique. Le concert se déroule très bien, sûrement l’une des meilleures prestation (pour ma part en tout cas !). Quelques gouttelettes de pluie sur « Tu m’affoles » deviennent rapidement une averse et nous devons terminer le morceau prématurément afin de protéger le matériel. Le concert se termine ici à 4 morceaux de la fin. Snif ! Il y a comme un goût d’inachevé qui hantera cette soirée, dommage ! En tout cas, pluie ou pas, « Le café du lac » vaut le déplacement, qu’on se le dise !
Dimanche 23 juillet, L’escargotière à Cohons. Toujours cette chaleur de dingue, une quarantaine de degrés qui ne parviennent toutefois pas à nous décourager. Une petite fontaine à proximité nous permet de nous rafraîchir de temps en temps (Fab finira d’ailleurs dedans à l’initiative de Benj d’Eléazar) et le concert se déroule devant un public nombreux et réceptif. Clin d’œil spécial à notre première partie, un groupe de jeunes filles qui démarre, certes, mais on en tout cas étonné le public avec un combo contre-bassine / batterie. Un bon repas, de la bière à volonté et un accueil digne de ce nom nous permettent de terminer en fanfare cette série de premiers concerts Haut-marnais !
Mardi 25 juillet, Sur la plaine d’Orceveaux C’est marrant comme un lieu apparemment sauvage et vierge d’aménagements peut prendre vie et devenir un vrai lieu de spectacle après quelques modifications de base. En plus du groupe électrogène pour alimenter notre système, nos hôtes apportent une ribambelle de bancs qui apportent une couleur Far-west au décor. La machine à pression est installée pas loin (c’est bon signe) mais le public tarde à venir. Il est 18 h 45 et encore personne. Contre toute attente, le public commence à arriver, les voitures défilent, se garent, des piétons, des cyclistes, des jeunes, des vieux, des punks… Excités, mai aussi souagés, nous contemplons un auditoire digne de ce nom en train de prendre vie !!. Vers 19h30, c’est devant un public nombreux (tous les bancs sont pris et il y a encore du monde debout !) que nos copains « C’te gourbi » démarrent leur spectacle musical, savant mélange de musique, marionnettes et jonglages dans un contexte clownesque. Tout le monde est happé par le spectacle, les petits et les grands se marrent. Notre prestation passée, nous devons retrouver Fab nommé responsable logistique-camion et rejoindre enfin la buvette pour une contrôle du niveau du fût de pression. Les derniers curieux partent, bientôt suivis de nos hôtes qui nous promettent café et croissants au réveil. Nous dormons sur place, à la belle. Le réveil est très ensoleillé avec croissants et café, comme promis … Un petit déjeuner talonné de près par un apéro improvisé qui se porte complice d’un soleil déjà assommant. Surtout qu’il va bientôt falloir reprendre la route. Un de mes meilleurs souvenirs de ce Track-tour. Et sans doute dans le top 5 des meilleurs accueils.
Mercredi 26 juillet à l’abbaye d’Auberive
Ancienne abbaye, ancienne colonie (décidément le rite des vacances nous poursuit), témoin historique qui traverse le temps depuis 1135, aujourd'hui dédié aux arts contemporains et à la musique, c’est dans un cadre Pinkfloydiesque post « the wall » que nous commettons notre méfait désormais quotidien. Le coup de fatigue n’épargne personne et la chaleur agace facilement. Tout est en place pour 19 h 30, mais le public n’est pas de la partie, quelques amis, un peu de famille et d’inespérés touristes viennent participer à la cérémonie. Le concert terminé, nous sommes tous conviés au rite du remballage après quoi nous sommes livrés à nous-mêmes pour un pique-nique nocturne improvisé dans l’enceinte de l’abbaye. Je décerne LA mention spéciale de l’étrange à cette date : la salle des douches qui a un petit parfum de film d’épouvante avec sa déco digne d’un « Vendredi 13 » et son camp de vacance maudit ou encore d’un « Silent Hill » pour les connaisseurs et son univers graphique glauque. Idem pour les toilettes extérieures dotées de poignées usées par le temps, en forme de joueurs de foot. Reliques d’une époque ayant depuis longtemps tracé les sillons du souvenir et désormais invisible. On me traiterait de fou si je disais qu’il y a comme une résonance dans chaque recoins de ce lieu qui ne demande qu’à vous happer, alors je ne le dis pas. L’impression est plutôt agréable, mais son mystère devient vite étouffant. Qui a dit hanté ? Pas vraiment à l’aise, enfermés dans l’enceinte de l’abbaye, nous décidons de prendre la route jusqu’à un petit village proche dans lequel nous attend une maison à dimension humaine où l’on peut vivre au présent, avec canapé, télé, toilettes et même douche normale ! Merci Maud !!
Jeudi 27 juillet à la Choue de Giey sur Aujon « …Les bières salissantes, ambrées de lendemains, de matins qui déchantent le dimanche pour rien ! » Temps mitigé, hésitation entre pluie et éclaircies, tout comme notre motivation. L’absence patente de publicité pour le Track-tour agace clairement les troupes (sur le front depuis maintenant 11jours !) et nous fait douter de son existence légitime sur cette date. Ceci jumelé à un affichage singulièrement plus flagrant du concert des « Nains portent quoi », invités sur le Track tour, et un comportement très light avec nous (pas d’organisateur avant la fin de l’après-midi…). La pluie (notre agacement aussi) finit par se dissiper et les éclaircies apparaissent, notre motivation fait de même et nous installons la scène peu avant l’arrivée des Nains. Ils assurent la première prestation du mini festival ambulant devant un public pas toujours concerné ce soir-là, puis rejoignent la loge qui leur a été attribuée (la chance !). On enchaîne la deuxième partie de la soirée, et enfin Eléazar qui réunira les couche-tard et grands adorateurs de pop rock psychédélique. Le spectacle dans sa globalité tient la route, on regrette juste cette impression (si c’en est une !) d’avoir uniquement servi d’objet promotionnel pour La choue. Pour couronner le tout, et malgré notre contrariété rendue officielle, ils en remettront une couche par la suite dans la presse locale en s’attribuant l’organisation d’un festival qui s’est pourtant largement appuyé sur celle du Track-tour pour se mettre en place. Qui a dit modestie ?
Samedi 29 juillet Grande finale au stade de Poinson les Fayl Un public nombreux vient participer à la grande messe finale qui conclut quinze jours de tournée et d’aventures à travers la Saône et Marne. « C’te gourbi » vient proposer son spectacle pour les yeux et les zygomatiques après quoi, Les Sales Timbanques viennent proposer leur spectacle semi-acoustique et rafraîchissant. Un peu plus tard, un tracteur s’approche de la scène, accompagnant les Tournelune vers leur dernier concert du Track-tour 2006. Le public a répondu présent et manifeste un enthousiasme qui fait toujours chaud au cœur. Nos amies les Juja & Lula viennent pousser la chansonnette durant notre set, plaçant quelques notes à l’accordéon et à la trompette sur trois morceaux. Un feu d’artifice vient annoncer la phase finale du jeu, mais après le rappel et pour redescendre doucement, le public qui le souhaite vient à son tour pousser la chansonnette au grès des improvisations musicales. Après une heure et demi de spectacle, suivie d’un grand bœuf qui s’étend une bonne partie de la nuit, et des tirs au but endiablés peu avant le levé du jour, il est temps de plier bagages et ranger au placard des mois de préparation et quinze jours d’aventure humaine. Il y a comme une odeur de séquelle pour 2007 !!
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